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CÔTE D'IVOIRE - PANIQUE AU SOMMET DE L’ÉTAT AVEC MONHEVEAGATE

La Dépêche d'Abidjan

À l’issue du conseil des ministres du mercredi 15 janvier, le gouvernement ivoirien a annoncé qu’il était prêt à procéder au remboursement du capital des souscripteurs qu’il estime à 36.000 personnes, et cela, avant la fin du mois de février 2017. Le même communiqué a précisé qu’il restait à se mettre d’accord sur la liste des souscripteurs actuellement en croisement.

Depuis le début de la crise dans le secteur Agribusiness, les souscripteurs sont furieux contre le government qui avait accusé les compagnies d’avoir fait de l’escroquerie et du blanchiment d’argent avant de se raviser pour ne finalement retenir contre ces compagnies que le crime d’avoir destabilisé le système bancaire et celui de l’épargne nationale. Réunis dans plusieurs syndicats, ils exigent le dégel des comptes des compagnies Agribusiness, convaincus que celles-ci ont eu des difficultés pour leur rembourser leurs Retours sur Investissements (RSI) que seulement après le gel de leurs comptes par le gouvernement ivoirien.
Quelques questions fondamentales méritent d’être posées afin de mieux conduire cette analyse.

1. Pourquoi le gouvernement ivoirien qui prétend travailler pour les souscripteurs ne veut-il pas accéder à leur revendication essentielle qui est le dégel des comptes des sociétés agribusiness afin que celles-ci puissent rembourser non seulement les capitaux initiaux mais aussi les Retours sur Investissements (RSI)?

2. Pourquoi le gouvernement annonce-t-il maintenant, déjà, qu’il est prêt à rembourser les capitaux alors qu’il reconnait qu’il n’a pas encore établi une liste définitive et fiable des 36.000 souscripteurs?

La réponse à la première question est évidente. L’état ne veut pas dégeler les comptes des compagnies du secteur agribusiness mais, dans un élan de panique, veut parer au plus pressé, et s’engage dans une course contre la montre. Radio France Internationale (RFI) a annoncé une émission spéciale sur la question pour demain vendredi 17 février. Le micro sera ouvert dit-on et les animateurs pourront recueillir en direct les commentaires de tous. Voulant certainement atténuer l’onde de choc que cette émission aura et voulant prévenir des actions de révolte populaire des souscripteurs, le régime d’Alassane Ouattara s’est donc précipité pour annoncer les remboursements. Il veut casser aussi et ainsi le mouvement de protestation et de révolte des souscripteurs qui s’apprêtent à prendre la rue bientôt. Il espère pouvoir séduire certains, piéger d’autres. L’annonce précipitée de remboursement est donc un appât. Et comme le communiqué du gouvernement est si clair. Il n’a pas fait achever un inventaire des noms des souscripteurs. C’est donc dans l’improvisation, dans la précipitation, dans la confusion que le régime a fait l’annonce des remboursements. Autant il existe une controverse au sujet de la méthode de remboursement, autant il existe un désaccord au niveau des montants à rembourser, et du montant des compagnies agrobusiness disponibles sur les comptes.

Pour les responsables du Syndicat Ivoirien des Investisseurs de l’Agro-Business, le secteur a généré un montant de 257 milliards de Francs CFA et ils doutent que ne soient disponibles que 22 milliards comme le gouvernement l’a annoncé.

Toutes ces questions devraient se régler dans la conciliation, dans le compromis et sur une base consensuelle, si et seulement si, le gouvernement d’Alassane Ouattara était de bonne foi. Comme pour empirer la situation, le régime aurait demandé aux souscripteurs de signer des formulaires de renoncement à leurs RSI s’ils voulaient être remboursés. Or cette approche ne fait que renforcer le doute. En effet le gouvernement selon des souscripteurs agit comme un sheriff ou ce chasseur de primes du Far West Américain qui tue des présumés bandits recherchés, des wanted, et ensuite collectionne des primes promises par tête de bandit abattu. Ainsi le gouvernement d’Alassane Ouattara deviendrait un chasseur de primes, un chasseur de RSI, un collectionneur de RSI. Une bonne collection de RSI peut être une manne, une moisson inespérée en ces temps de vaches maîgres en plus de la main basse sur les fonds des compagnies. Et comme pour se convaincre de la justesse de sa position, un mandat d’arrêt international devrait être lancé contre Yapi Honoré Christophe, le PDG de MonHevea. Des rebondissements en perspective dans cette crise “MonHeveaGate”! Wait and see !

Gnaka Lagoké


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