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Côte d'Ivoire : Après le cas de l'Attieké labellisé par le Burkina Faso, la région du Loh Djiboua se prépare à protéger son pagne

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Scandalisés par la labellisation de l'Attieké ivoirpien par le Burkina Faso, et qui a permis à une de ses entrepreneuses de rafler le grand prix lors du SARA 2019, certains peuples ivoiriens s'inquiètent de voir leurs produits culturels être dépossédés par d'autres pays. Le cas du pagne dida interpelle ses dépositaires.

C'est indiscutablement l'une des grandes surprises de ce 5e Salon international de l'agriculture et des Ressources Animales d'Abidjan (SARA) qui se tient depuis quelques jours sur les bords de la lagune Ébrié. Il s'agit de la labellisation de l'Attiéké ivoirien par une femme entrepreneuse Burkinabè qui s'est vue décerner le grand prix du meilleur produit agricole.

Cette nouvelle a suscité une onde de chocs au sein de la population ivoirienne qui s'en est prise vertement au gouvernement ivoirien.

Elle a accuse l'État ivoirien de négligence et de manque de soutien à ses entrepreneurs.

Entre temps, cette situation a interpellé d'autres peuples ivoiriens qui craignent de voir leurs produits culturels être dépossédés par d'autres pays s'ils n'y prennent garde." Aujourd'hui, ce sont les peuples Adioukrou, Ebrie et autres qui viennent de voir leur Attiéké passé aux mains du Burkina Faso. Demain, ce sera d'autres peuples qui seront surpris" s'indigne un internaute ivoirien.

Les peuples dida-godié et ses composantes, tous originaires de la Région du Loh Djiboua et de l'ancien cercle de Grand-Lahou, s'inquiètent pour leur pagne traditionnel" ligbeli lokwe".

Dépositaires de ce produit culturel dont la renommée est devenue internationale, les populations du Loh Djiboua veulent éviter des surprises désagréables. C'est pourquoi, au sein de leur plus grand Festival Culturel qui est le Djaka Festival, et au cours duquel elles font la promotion de ce pagne chaque année, elles initient des colloques pour la protection de leur patrimoine touristique et culturel dont ce pagne reste la première identité référentielle.

Les cadres, les universitaires, les artisans etc, originaires de cette région sont déterminés depuis lors à déclarer leur pagne à l'organisation ivoirienne de la propriété intellectuelle et tout autre organisme censé assurer la protection de leur création.

À la prochaine édition de Djaka Festival, cette question de la protection du pagne sera encore au coeur de leur fête. Certains ivoiriens par méconnaissance de ses origines attribuent ce pagne à d'autres régions de Côte d'Ivoire. Ce qui n'est pas déjà juste. Pour palier cette ambiguïté, un véritable plan de communication est entrain d'être mis en place à l'effet de montrer les origines, les matériaux utilisés, les secrets des artisans de ce pagne mondialement connu. Une valorisation à tous points de vue qui va empêcher les falsificateurs du pagne dida à baisser garde.

José TETI, Correspondant permanent à Abidjan



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