La Dépêche d'Abidjan

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Côte d'Ivoire - Rébellion de 2002 - L'artiste Spyrow raconte son calvaire vécu à Bouaké

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19 septembre 2002-19 septembre 2019. Il y a 17 ans, la Côte d'Ivoire vivait sa première grande crise qui a fait de nombreux morts avec des milliers de déplacés. Au rang de ceux qui ont échappé à la mort, se trouve l'artiste chanteur Spyrow. À la date anniversaire marquant le déclenchement de la rébellion, le reggaeman ivoirien a décidé de raconter son calvaire.

" j'ai été témoin oculaire de cette rébellion qui est partie de la ville de Bouaké en 2002 et que certains ont appelé une mutinerie. C'était une rébellion. Ce jour- là, j'ai tout abandonné et avec mes sandales aux pieds et ma bible en main, j'ai parcouru plusieurs kilomètres pour me retrouver d'abord à Béoumi. Ensuite, j'ai continué mon chemin jusqu'à Sakassou où j'ai retrouvé mon frère et ami Black Mojah. Sentant toujours le danger derrière nous, ensemble, nous avons marché encore pour nous retrouver à Tiébissou. Nous sommes partis de Tiébissou également à pieds pour Yamoussoukro. Dans cette ville, il y avait une paroisse qui accueillait tous ceux qui ont fui la zone de Bouaké. C'est de cette paroisse de Yamoussoukro que des convois étaient organisés pour qu'on arrive sur Abidjan", raconte l'artiste.

Selon lui, sur le chemin de la fuite, il est passé à un doigt de la mort : " les rebelles ont pointé des canons de fusils sur moi pour m'enrôler de force dans leur rang, mais par la volonté de Dieu, j'ai pu me sauver" poursuit-il.

Toujours d'après son témoignage, il a eu la vie sauve grâce à son look d'artiste, notamment ses dreadlooks : "Quand ils m'ont vu avec mes dreadlocks, ils ont dit les rastas sont des gens inoffensifs, ce sont des gars cool qui chantent la paix et l'amour, donc laissons-le. C'est comme ça qu'on m'a laissé continuer mon chemin jusqu'à Yamoussoukro ", confie le chanteur.

Témoin vivant de cette triste page de l'histoire de notre pays, Spyrow s'insurge vivement contre les Ivoiriens qui continuent d'ironiser la date du 19 septembre 2002. "Ce sont ceux qui n'ont rien vu qui parlent de cet événement en riant, parce qu'ils ne savent pas qu'on a marché, échappé aux canons des fusils avant de nous retrouver là" dit-il.
L'artiste qu'il affirme que ce passé sombre est derrière lui, déclare toutefois : " je n'ai pas oublié même si j'ai pardonné. Dieu merci, j'ai pu surmonter tous ces traumatismes pour me faire une nouvelle vie à Abidjan. Et je rends grâce à Dieu" dira le reggaeman ivoirien.

José TÉTI, Correspondant permanent à Abidjan


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