Facebook Twitter Rss YouTube

Les nuages du ciel Ivoirien

La Dépêche d'Abidjan

Alors que Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé croupissent toujours dans la prison impérialiste des Occidentaux à La Haye en Hollande, alors que de nombreux Ivoiriens périssent dans les geôles de la dictature fasciste au pouvoir en Côte d'Ivoire, alors que des milliers d'Ivoiriens sont contraints à l'exil pour échapper à leur exécution programmée, il se trouve des gens dans nos rangs dont l'attitude nous interroge sur le sens de leur combat politique et leur compréhension de la défense de la dignité humaine, la souveraineté nationale et le patriotisme.

Comme si dans l' actuelle Côte d'Ivoire les droits et libertés collectifs et individuels sont désormais garantis. Nous voulons tous la réconciliation dans notre pays, nous voulons tous la paix pour et dans notre pays. Certes ! Mais pas à ce prix et pas de façon camouflée.

Une paix camouflée n'a pas longue vie parmi les hommes car ce qui a poussé un clan à désobéir et à déshonorer est susceptible de justifier les rancœurs de l'autre clan. C'est de cette façon et sur une telle base qu'apparaissent la méfiance et la défiance dans une société des hommes. Aurions-nous souhaité à notre pays de pérenniser les fondamentaux de sa déchéance et sa perte?

À trop vouloir proclamer le faux, l'on se substitut forcément aux mécènes des discours proscrits. Où allons-nous et que voulons-nous ? Le bon sens nous recommande de faire notre propre lecture critique pour ne pas donner aux autres la possibilité d'exploiter nos fissures et nos divergences sociales. Ne revendiquons pas la même et son contraire à la fois.

Il n'y a pas d'extrémisme qui nous anime et il n'y a pas de conciliation non plus dans notre démarche. C'est juste une réflexion sur l'avenir pour renforcer les pratiques humanistes à long terme dans notre pays.

Ne pas périr le risque de son opinion et de son engagement politiques aujourd'hui serait synonyme de les reporter à demain au péril des générations futures. De cette façon la paix nous échappera définitivement. La cohésion sociale deviendra une denrée très rare en Côte d'Ivoire à cause de notre manque de constance et surtout de par notre manque de détermination et de courage.

Notre crise est trop adolescente pour ne pas dire très récente et jeune comparée à d'autres sur le contient africain ou ailleurs dans le monde. Mais celles-ci ont aboutit parce que les hommes et les femmes qui ont choisi de porter le flambeau de la renaissance ont fait le pari de gagner leur défi peu importe les peines à endurer.

L' ivoirien prétend aimer la Côte d'Ivoire mais le contraste est qu'il est extrêmement porté sur l'extérieur. Il n'a pas non plus l'amour de son environnement immédiat.

C'est toute la raison fondamentale de nos désarrois actuels. Cette mentalité portée sur l'extérieur est une chaîne de l'héritage houphouetiste qu'il nous faut casser impérativement pour léguer aux générations postérieures une aude à la patrie ivoirienne pour que cessent notre mésaventure mais aussi pour que s'arrête notre déconvenue sociétale.

Nous voilà à ce tournant capital de notre jeune histoire en train de développer une indifférence inqualifiable à la situation de notre pays sous le faux prétexte que la crise perdure.

À la vérité ceux qui nous oppriment, connaissent que quiconque notre comportement et notre attitude en société et ils useront toujours par les mêmes procédés pour nous maintenir sous leur tutelle aussi longtemps que notre versatilité sera prépondérante.

On nous parle déjà de 2020, année électorale en Côte d'Ivoire. Mais pourquoi 2020 et pas maintenant ?

Notre pays a-t-il retrouvé les pendants de la pratique démocratique pour une quelconque élection ?

Notre pays se serait-il réconcilié avec lui-même pour qu'on appelle nos concitoyens au vote? Qu'en est-il de cette autre élection que nous vécue en 2015 ?

Es-ce l'expression d'une impuissance devant la férocité de la dictature que nous subissons ou un aveu de légitimation ?

Je pense à mon humble avis que rien n'a changé qui puisse nous amener à considérer autrement les agissements de ce pouvoir perfide dans notre pays.

Quel sera notre mérite quand viendra le temps de rendre compte. Sommes-nous fatigués par la durée de la crise ou bien n'avons-nous plus envie de subir les atrocités de ce pouvoir sanguinaire ?

Dans tous les cas si nous abandonnons pour une raison ou une autre, notre péril communautaire sera encore plus grand et irréparable et surtout irrémédiable.

Et il n' y aura pas de Dieu qui viendra pour nous sauver. Ici, il faudra comprendre Dieu comme notre seule volonté et notre seule détermination de ne plus subir.

Il se pose ainsi une perspective sélective de nos choix selon les circonstances de notre quotidien.

Ainsi donc les nuages du ciel ivoirien sont difficiles à apprécier tant que nous ne dégageons pas pour cela un horizon gage d'espoir et de prospérité.

Jean-Marie Dekpai


Commentaires (0)
Nouveau commentaire :